Publié le 16/07/2026
L’association Terres en Mêlées a accueilli Sophie Sourzat en volontariat de solidarité internationale (VSI), pour une période de 12 mois, pour appuyer ses projets autour du rudgby et de l’égalité des genres à Madagascar.
“Cette expérience m’a appris qu’il ne faut pas arriver avec une posture de «je connais tout» ou «c’est moi qui décide» et plutôt privilégier l’échange, le partage, parce qu’on apprend énormément.“


Je m’appelle Sophie Sourzat, j’ai 29 ans et je suis française.
Avant cette mission, j’étais en alternance avec l’association Terres en Mêlées France en tant qu’assistante suivi et évaluation de projets, en même temps j’étais en master 2 du programme de management des organisations de solidarité internationale avec l’école 3A. Le management de projets internationaux, c’est principalement du management d’équipes nationales et internationales avec des modules en plus sur le contexte des pays. C’est un programme plutôt orienté sur le plan humanitaire, car il s’agit d’organismes solidaires.
J’ai beaucoup voyagé, j’ai vécu 1 an et demi au Canada et 1 an en Nouvelle-Zélande avec le programme vacances travail (PVT). Pour la suite de mon parcours, je souhaitais allier ma passion du voyage à ma pratique professionnelle et c’est justement ce que Terres en Mêlées m’offrait.
Je pense que plusieurs éléments ont joué en ma faveur pour cette mission.
J’étais déjà impliquée dans l’association, ce qui m’avait permis d’acquérir une bonne connaissance du contexte des projets à l’international, de la manière de les appréhender et du suivi qu’ils nécessitent au quotidien. L’obtention de mon master était quand même une condition, car j’étais alors en alternance.
Il y a aussi la connaissance de l’environnement international en général et le fait que je sois déjà une habituée des voyages, puisqu’il ne s’agissait pas de ma première expérience à l’étranger. J’ajouterais que le fait d’aimer voyager et de ne pas avoir peur de partir loin de ma famille et de mes proches a été un atout, mais je crois que ce sont des qualités attendues pour toute mission à l’international.
Enfin, mon expérience préalable du rugby, qui représentait le cœur de la mission, a évidemment été un élément important.


Terres en Mêlées est une association qui utilise le rugby comme outil de développement et d’éducation économique et sociale. Dans ce but, elle co-pilote 2 projets à Madagascar :
Ma mission d’un an s’intitule « suivi et évaluation de projets ». Concrètement, elle se concentre principalement sur la formation des éducateurs locaux ainsi que sur un accompagnement pédagogique et technique, notamment à travers la création d’outils de suivi.
Mon engagement est aussi très flexible : selon ma motivation et les besoins, je réalise régulièrement des heures supplémentaires en accompagnant les jeunes lors de matchs ou de sorties le week-end.
Mon habitude du voyage a beaucoup facilité les choses pour moi. J’avais quand même une petite appréhension du climat, il fait chaud à Tuléar. La culture est bien évidemment différente, particulièrement les conditions de vie. La monnaie m’a causé quelques soucis niveau conversion. Sur le plan professionnel, les choses sont très différentes, les gens ici ont un côté tranquille, laxiste auquel je ne suis pas dû tout habituée et en fait ça m’a appris à lâcher prise et à me détendre.


Je n’avais pas spécialement d’attentes, je voulais juste découvrir l’environnement, travailler avec des jeunes et être sur le terrain. J’ai été surprise par la motivation des jeunes, ils ne se plaignent pas, malgré des conditions qui ne sont pas forcément adéquates pour l’apprentissage. Ils sont toujours énergiques, motivés, ouverts aux échanges et au partage.
Cette expérience m’a appris qu’il ne faut pas arriver avec une posture de “je connais tout”, “c’est moi qui décide”, “on fait les choses comme ça !” et plutôt privilégier l’échange, le partage, parce qu’on apprend énormément, donc il ne faut pas s’enfermer dans un complexe de supériorité.
Je ne dirais pas que je suis déçue, mais je suis arrivée en pensant que j’allais vite pouvoir parler le malagasy et ce n’est pas le cas, c’est dur (rires) disons que je suis un peu frustrée, quand même.
Sur le plan personnel, c’est la langue malagasy qui m’a causé une situation qui aurait pu être embarrassante mais qui était drôle au final. J’ai voulu montrer que je parle le malagasy. En voulant faire les présentations, je voulais dire “c’est mon ami” en malgache et j’ai dit “pisser” à la place de façon vulgaire en plus (rire). Heureusement c’était avec des amis.
Sur le plan professionnel, j’ai été surprise par cette culture de la sieste, de 15h à 16h, les gens font beaucoup la sieste, même au travail.
Quelle habitude malgache rapporteras-tu avec toi en France ?
J’ai par exemple pris l’habitude d’aller faire des achats sans descendre de mon vélo. Je pense que je vais rapporté avec moi le côté souriant des gens, la résilience qu’ils ont. Je suis désormais plus consciente du gaspillage et j’ai appris à économiser les ressources. Il y a aussi le fait d’avoir découvert le vrai goût du frais : les fruits, les légumes, le poisson, tout est plus frais ici et meilleur.
Je dois dire que c’est la nourriture, la diversité culinaire me manque, ici il y a principalement du riz.


Je voulais rester et prolonger mon contrat, mais ce n’est pas possible malheureusement. Cependant, je vais certainement rester dans ce même domaine de formatrice sportive à l’international dans des missions similaires.
Sur le plan professionnel, j’ai beaucoup gagné en confiance en moi, cette mission a été très challengeante au début. J’étais un peu hésitante parce que former des éducateurs n’était pas mon domaine d’expertise à la base, mais je m’adapte, et j’ai développé mes compétences en communication non verbale (vu que je ne parlais pas la langue locale). Sur le plan personnel, j’ai appris à me poser, à prendre les choses avec plus de légèreté, particulièrement face aux imprévus.
Oui, sur les réseaux sociaux, je ne regarde plus les mêmes choses, je me suis désintéressée des choses futiles comme la mode. Mon rapport aux ressources comme l’électricité et l’eau a également changé. Cette mission m’a ouvert les yeux sur les réalités qui ne sont pas les mêmes et ça a augmenté ma maturité.
J’ai très bien fait de venir donc “Merci d’être venue !” (rires).
Si c’était à refaire, je le referais. Le volontariat c’est une expérience professionnelle et humaine. Mon conseil est qu’il faut bien se renseigner sur l’endroit, le public et la mission en question. C’est une super expérience et une fois encore, je le rappelle, il ne faut pas arriver avec une posture de “je connais tout”. Il faut arriver avec une posture d’échange et de partage.

Le Volontariat de Solidarité Internationale (VSI) est un volontariat de compétences et de longue durée. Il est destiné aux personnes majeures, sans condition de nationalité ni de limite d’âge. D’une durée minimum d’un an, une même personne peut au maximum faire 6 ans de VSI dans sa vie. Les missions sont financées par le Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères et la structure d’accueil du volontaire.
Occitanie Coopération accompagne les structures en région Occitanie dans le portage de missions de VSI à l’envoi et en réciprocité, en partenariat avec l’Ifaid, qui dispose d’un agrément d’intermédiation du VSI agréé par le Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères. Occitanie Coopération réalise le suivi administratif de la mission ainsi que l’accompagnement du volontaire avant, pendant et après la mission (formation au départ, points réguliers, bilan…).
Tout comme le service civique, le VSI est ouvert à la réciprocité et permet à tous les pays accueillant des volontaires français d’envoyer également des volontaires en France pour effectuer une mission.
Occitanie Coopération est une association loi 1901 reconnue d’intérêt général, dédiée à la promotion, l’accompagnement, et le développement de programmes ou d’actions de solidarité ou de coopération internationale. Elle déploie son action autour de cinq missions : observatoire régional, animation territoriale, appui aux porteurs de projets, éducation à la citoyenneté mondiale, appui et relais des politiques publiques concernées. Occitanie Coopération fait partie des douze réseaux régionaux multi-acteurs des coopérations et des solidarités internationales implantés en France.
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